Pourquoi on retombe toujours sur le même type de personne

Pourquoi on retombe toujours sur le même type de personne

C’est la conversation qu’on a eu avec soi-même après la troisième rupture du même genre. « Comment j’ai encore atterri là ? Comment j’ai encore choisi quelqu’un qui ne me convenait pas, de la même façon que la fois d’avant, et celle d’avant encore ? » Il y a un terme pour ça : le « groundhogging », du nom du film Un jour sans fin, où le même jour se répète à l’infini. En dating, c’est le fait de reproduire sans cesse les mêmes erreurs ou de sortir avec le même « type » de personne, encore et encore [1].

Ce n’est pas une coïncidence. Et ce n’est pas non plus une malédiction. C’est de la psychologie.

Pourquoi on revient vers ce qu’on connaît

Le cerveau humain a une préférence naturelle pour ce qui lui est familier, même quand ce familier n’est pas bon pour lui. Ce phénomène, documenté en psychologie sous le nom de « familiarité de l’attachement », explique pourquoi on est souvent attiré.e par des personnes qui reproduisent les dynamiques qu’on a connues dans l’enfance, y compris les dynamiques douloureuses.

Quelqu’un qui a grandi avec un parent émotionnellement distant sera souvent attiré.e, à l’âge adulte, par des personnes froides ou peu disponibles. Non pas par masochisme, mais parce que cette dynamique est « normale » pour son système nerveux. Elle est reconnaissable. Et ce qui est reconnaissable est perçu comme sûr, même quand il ne l’est pas.

Une étude publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology a montré que les personnes ayant un style d’attachement anxieux ou évitant reproduisent ces patterns dans 73 % de leurs relations adultes sans intervention consciente [2]. Ce n’est pas une fatalité. C’est un mécanisme automatique qu’on peut désactiver, mais seulement si on le voit d’abord.

Les signaux qu’on ignore (parce qu’ils sont familiers)

L’un des paradoxes les plus frustrants du « groundhogging », c’est que les signaux d’alerte sont souvent invisibles au début. Non pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce qu’ils ressemblent à ce qu’on connaît.

Quelqu’un qui répond aux messages de façon irrégulière ne sera pas perçu.e comme inquiétant si c’est le schéma qu’on a toujours connu. Quelqu’un qui a du mal à exprimer ses sentiments semblera normal, voire mystérieux, si on a grandi dans un environnement où les émotions n’étaient pas verbalisées. Le signal d’alerte, dans ces cas-là, ne se voit pas parce qu’il ne contraste pas avec nos attentes.

C’est ce que ne pas reproduire les mêmes schémas amoureux demande en réalité : non pas d’éliminer le désir, mais d’apprendre à reconnaître les patterns avant qu’ils ne se mettent en place.

Comment on sort de la boucle

Pas de raccourci magique. Mais quelques étapes concrètes :

  • Identifier le schéma : pas blâmer l’autre, pas se blâmer soi-même, mais voir la structure qui se répète. Qu’est-ce que ces personnes avaient en commun dans leur façon de communiquer, dans la dynamique de pouvoir qu’elles instauraient ?
  • Mettre des mots dessus : « je choisis souvent des personnes peu disponibles émotionnellement » est plus utile que « j’ai pas de chance en amour »
  • Tester l’inconfort : si quelqu’un de « différent » ne vous attire pas spontanément, ce n’est peut-être pas un signe d’incompatibilité. C’est peut-être un signe que votre système d’attraction a été calibré sur des schémas qui ne vous correspondent pas
  • Rester ouvert.e à la surprise : 42 % des célibataires sondés par Plenty of Fish admettent avoir craqué pour quelqu’un qui ne correspondait absolument pas à leur « type » habituel [3]

La connexion la plus inattendue est souvent celle qu’on n’avait pas programmée.

Plenty of Fish Dating Trends, 2026

Ce n’est pas votre faute. Mais c’est votre responsabilité.

Les schémas répétitifs ne sont pas une faute. Ils sont le résultat d’apprentissages anciens, souvent inconscients, que personne ne choisit délibérément. Mais à partir du moment où on les voit, ils deviennent une responsabilité. Pas dans le sens de la culpabilité, mais dans le sens de la capacité d’agir.

Briser la boucle ne signifie pas se forcer à sortir avec des personnes qui ne nous plaisent pas. Ça signifie élargir la définition de ce qui peut nous plaire, et rester ouvert.e à ce qui dérange, surprend, ou ne ressemble à rien de connu.

Parfois, ce qui nous sort de la boucle, c’est simplement une rencontre qu’on n’avait pas anticipée.

Sources :

[1] Arkham Rise (2025). « Relationship Buzzwords of 2025. » https://www.arkhamrise.com/blog/relationship-buzzwords-of-2025-evidence-based-insights-for-2026

[2] Baldwin, M.W. et al. (1996). Journal of Personality and Social Psychology, résumé via Psychology Today. https://www.psychologytoday.com/us/basics/attachment

[3] Plenty of Fish (2025). « Top Dating Trends for 2026. » https://www.prnewswire.com/news-releases/plenty-of-fish-reveals-the-top-dating-trends-for-2026-302569996.html

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Jessica Jessica — Experte Meetic Mag en dating et relations amoureuses

Senior Copywriter au Meetic Mag, Jessica met à profit son expertise en communication et son intérêt pour la psychologie amoureuse pour analyser les comportements de séduction et les nouvelles façons d’aimer. Son regard affûté sur les tendances du dating et les relations modernes fait d’elle une référence incontournable pour les lecteurs et lectrices en quête de repères et de conseils fiables. Avec une plume à la fois claire et accessible, elle aborde sans tabou les réalités des rencontres d’aujourd’hui : du premier message à la construction d’une relation durable.

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