Pendant longtemps, la règle implicite était claire. Ne pas avoir l’air trop intéressé.e. Attendre avant de répondre. Ne jamais être le/la premier.ère à dire quelque chose de sincère. Montrer qu’on cherche quelqu’un de sérieux, c’était s’exposer à passer pour quelqu’un de « trop » ou de « désespéré.e ».
Cette époque est en train de se terminer. Être célibataire et en parler, c’est de plus en plus assumé. Et c’est une excellente nouvelle.
Le célibat n’est plus un secret honteux
Le « loud looking », terme entré au Cambridge Dictionary en 2025, désigne le fait de rendre clair, notamment sur les réseaux sociaux et les sites de rencontre, qu’on est célibataire et qu’on cherche activement une relation [1]. L’antonyme du « playing it cool ». Mais au-delà du terme anglais, le concept est simple : assumer son célibat et son envie de rencontrer quelqu’un, sans s’en excuser.
70 % des célibataires français se disent romantiques (étude IFOP/DisonsDemain, 2023) [2]. Autant de personnes qui voudraient rencontrer quelqu’un, et qui pourtant hésitent souvent à le dire clairement, même dans leur entourage. Pourquoi ? Parce que la honte du célibat reste tenace. On ne veut pas passer pour quelqu’un qui « cherche trop ».
Être seul.e, ce n’est pas être incomplet.e. C’est être disponible.
Tendance « loud looking », Cambridge Dictionary 2025
En parler intelligemment : à qui, et où
Assumer son célibat ne veut pas dire l’annoncer à la cantonade ou le poster en story chaque semaine. Ça veut dire choisir les bons contextes pour le mentionner, et ne plus s’en excuser quand la question se pose. Quelques espaces où en parler peut naturellement mener à des rencontres ou à des mises en relation :
- Avec ses ami.e.s proches, qui peuvent devenir des intermédiaires naturels (la « friendfluence »)
- Dans des activités partagées où la dimension sociale est explicite (cours collectifs, clubs, événements)
- Sur un profil de rencontre honnête, où afficher ce qu’on cherche attire les bonnes personnes
- Dans des conversations légères avec des connaissances : un « je suis célibataire en ce moment » n’est pas une demande d’aide, c’est juste une information
L’avantage de cette clarté, c’est que les personnes qui n’osaient peut-être pas non plus vont oser. Celui ou celle qui attend de savoir si vous êtes disponible avant de faire le premier pas ne peut pas le faire si vous ne lui donnez aucun signal. Parfois, dire qu’on cherche quelqu’un suffit à débloquer une situation qui s’enlisait dans la politesse.
La peur du rejet et le piège du « je suis trop occupé.e »
56 % des membres de la Gen Z sur Hinge disent que la peur du rejet les a empêché.e.s de poursuivre une relation [3]. Et une grande partie de ce silence passe par des prétextes : « je n’ai pas le temps », « ce n’est pas le bon moment », « je verrai plus tard ». Ce ne sont pas des vérités. Ce sont des protections.
Assumer qu’on cherche quelqu’un, c’est accepter d’être visible. D’être potentiellement rejeté.e. Et en même temps, c’est la seule façon d’être trouvé.e. Le célibat assumé et l’envie de rencontrer quelqu’un ne sont pas contradictoires. On peut aller très bien seul.e ET chercher quelqu’un avec qui partager cette vie.
Le seul vrai risque
Il y a un risque à l’honnêteté affichée : le rejet plus direct. Quand on assume ce qu’on cherche, les personnes qui ne cherchent pas la même chose partent plus vite. Au premier regard, ça fait mal. En y réfléchissant, c’est exactement ce qu’on voulait : ne pas perdre de temps avec quelqu’un qui n’est pas sur la même longueur d’onde.
La transparence, en amour, n’est pas un risque. C’est une sélection. Et une sélection vers ce qui vous correspond vraiment. Vous n’avez pas à être célibataire en silence. Vous n’avez pas à attendre que quelqu’un devine. Dire les choses change tout.
Sources :
[1] Cambridge Dictionary (2025). « Loud looking. » https://dictionaryblog.cambridge.org/?p=22044
[2] IFOP/DisonsDemain (2023), cité dans L’ADN. https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/vision-romantisme-generation/
[3] Hinge (2024), cité dans ConnectedCouples (2026). https://www.connectedcouples.app/blog/gen-z-relationship-statistics
