Galvaudé à outrance, le terme friendzone évoque généralement une situation relationnelle marquée par des sentiments unilatéraux, où l’amitié apparaît comme une sorte de prix de consolation.
Mais s’agit-il vraiment de cela ? Et au-delà, que révèle ce concept sur nos façons d’envisager l’amour ?
Avant d’envisager d’en sortir, il convient d’abord de saisir les mécanismes qui nous y conduisent !
Décrypter la friendzone
La friendzone, ou le grand quiproquo affectif
La friendzone, c’est ce moment pas vraiment fun où l’on se rend compte que l’affection que l’on porte à un.e ami.e n’est pas réciproque. Pendant que vous vous demandez comment enfin déclarer votre flamme, l’autre planifie son week-end avec quelqu’un rencontré hier sur Meetic. Et vous restez là, en croisant les doigts un peu honteusement pour que ça ne dure pas.
Quand l’amitié se transforme en antichambre
On croit que c’est de l’amitié, mais dans les faits, c’est surtout de l’attente.
Bien souvent, tout démarre par une vision romantique plaquée sur une relation amicale. On idéalise, on imagine, on se persuade qu’à force d’attention et de prévenance, l’autre finira inévitablement par céder. C’est plutôt le fruit d’une accumulation de silences et de signes mal décodés qui ne leurrent que la personne qui espère.
Pourquoi on tombe dans la friendzone ?
Plusieurs raisons peuvent nous faire glisser dans cette zone grise : la peur d’exprimer ses intentions, de tout gâcher ou, au contraire, le refus de sexualiser la relation, par timidité, respect ou parce qu’on n’ose pas se montrer sous un autre jour.
Alors, mythe romantique ou concept toxique ?
Le terme friendzone repose parfois sur une vision sexiste des relations hétérosexuelles où être « juste ami.es » serait finalement une punition, voire un échec. Comme si l’autre nous devait forcément quelque chose en retour de notre gentillesse. Finalement, c’est toute une représentation genrée qui se dessine : les hommes seraient toujours en attente de plus et les femmes seraient coupables d’avoir laissé espérer.
Et si on arrêtait de croire que la gentillesse donne droit à quelque chose et que l’amitié est une étape avant l’amour ? Parfois, on est juste… ami.es. Et c’est déjà précieux !
Peut-on (et doit-on) en sortir ?
Mais alors, que faire quand on se retrouve dans cette situation ? Faut-il accepter ce statut quo ou peut-on (et doit-on) tenter d’en sortir ? La réponse n’est pas tranchée.
Tout dépend de ce que vous ressentez vraiment et de votre capacité à vivre avec cette ambiguïté.
Oser dire ce qu’on ressent, même si ça fait peur
Rester dans le flou, c’est souvent plus confortable dans l’immédiat. Mais à force d’espérer en silence, on finit par s’enliser dans la frustration. Alors oui, mais il faut prendre le risque de clarifier ses intentions et de dire à l’autre qu’on attend plus qu’une amitié.
On ne le fait pas nécessairement pour forcer l’autre à changer d’avis, mais simplement pour être en accord avec soi-même et pouvoir avancer, quoi qu’il arrive.
Spoiler : quelle que soit la réponse, au moins vous serez fixé.e ! Ce sera un soulagement et ça vous aidera à passer à autre chose si ce n’est pas réciproque.
Changer les règles du jeu
Quand on est dans la friendzone, on a généralement pris une place discrète et presque effacée. Le ou la bonne pote qui est toujours là. Alors pour en sortir, il faut de temps en temps changer de dynamique : ne plus faire semblant que tout va bien, oser se montrer comme on est avec son humour, sa sensibilité et ses envies, mais surtout arrêter de rester en retrait.
Et si c’est non ?
Il y a deux issues possibles :
- Soit vous transformez cette relation en amitié sincère, débarrassée des attentes cachées.
- Soit vous prenez de la distance pour vous protéger, digérer et passer à autre chose.
Et surtout : on ne culpabilise pas l’autre. Personne ne doit tomber amoureux.se de quelqu’un.
L’amour, c’est une alchimie et un sentiment profondément sincère. Ça se ressent, ou pas, et ce n’est la faute de personne.
